Promouvoir la culture haïtienne au niveau des lignes frontalières PDF Imprimer E-mail
Vendredi, 11 Juillet 2008 18:06

Promouvoir la culture haïtienne au niveau des lignes frontalières

Tisser les liens entre les peuples de la Caraïbe, promouvoir une culture de paix et de non violence entre les communautés frontalières haïtiennes et dominicaines, projeter une autre image du peuple haïtien à travers sa culture, renforcer les liens de solidarité entre les deux peuples frères partageant l’Ile Quisqueya ;  constituent les principaux objectifs de SANT PON AYITI depuis sa création  en 1996. La valorisation de la culture et de l’identité haïtienne est un axe de  travail  fondamental pour cette institution.

Cet outil indispensable dans la vie d’un peuple est très souvent banalisé par ces propres fils, et fille ce qui constitue un handicap majeur dans la compréhension de sa propre identité. Instrument de combat, de développement et de compréhension, la culture d’un peuple est en fait, tout ce qui reste même après son extermination, c’est la matrice même de la société. La culture, dit Lacan, c'est « la mémoire de l'intelligence des autres », des générations passées, dont le savoir accumulé constitue une sorte de viatique pour les générations futures. Mais la mémoire est également le résultat d'un tri entre les éléments d'un passé que l'on cherche soit à occulter, soit à valoriser.

En ce sens, la culture n'est pas seulement une posture passive, mais un engagement volontaire qui donne un sens, une valeur spécifique à certains aspects du passé. L'identité s'inscrit dans la durée, à travers des lois, des coutumes, et sa temporalité est lente. L'identité et le territoire sont deux éléments essentiels dans la définition de la personnalité géographique d'un peuple, d'une nation. Le territoire est ce qui donne corps à l'idée de nation, le cadre où s'exprime sa souveraineté...

La reconnaissance par les instances internationales des frontières qui délimitent ce territoire est une forme de consécration autant que de reconnaissance. Le territoire revêt ainsi un caractère sacré pour cela qu'il est universellement accepté. Une bonne utilisation des changements de comportement et de vision implique nécessairement la compréhension de la culture de ce peuple.  Les éléments culturels tels que ;  la danse ou l’expression corporelle, la musique etc, peuvent aider comme outils de sensibilisation,  de motivation et de catalyseur dans le processus de compréhension des racines  historiques  d’identité d’un peuple. Les communes frontalières haïtiano-dominicaine sont généralement noyer dans le croisement de deux cultures hispanique et Afro-caribéenne, cependant l’influence de la culture Africaine reste et demeure une forte domination, ce qui constitue un point de rencontre incontournable pour les peuples frères de la Caraïbe. La présence de la culture africaine qui traverse les deux peuples partageant l’Ile Quisqueya devrait utiliser comme élément catalyseur pour renforcer les relations profondes entre les deux peuples au détriment des grands idéologues ou nationalistes qui font croire que la République Dominicaine n’a rien a voir avec la culture Africaine.

Malgré ce lourd héritage de colonialisme, les peuples de la Caraïbe ont développé des formes culturelles marquées par la volonté de résistance à l'oppression et la nécessité de manifester de solidarité entre eux .Aujourd'hui, les cultures populaires caribéennes séduisent les publics du monde entier. L'exemple le plus frappant est bien sûr celui des musiques, riches, de par leur héritage africain, de valeurs de convivialité et de communion par le rythme.

La troupe Culturelle Dahomey, créée par la fondation Sant PON AYITI constitue depuis plusieurs années non seulement un outil de sensibilisation dans la lutte engagée par FSPA pour le rapprochement des peuples haïtiens et dominicains, mais, elle permet aussi aux jeunes de  participer dans le processus de valorisation de la culture haïtienne au niveau de la caraïbe.

De la baie de mancenille dans le département du nord-est jusqu’à Anse-A-Pitre dans le sud-est, les communes frontalières sont considérées comme des zones  à risques en proie a toutes formes d’exploitation  telles que ; le trafic d’être humain, le vol, le trafic d’arme etc. La mobilité des habitants de ces communes a des conséquences majeures sur les jeunes et les moins jeunes frappés par les maladies sexuellement transmissibles telles le VIH/SIDA. La Fondation SANT PON AYITI utilise la troupe culturelle Dahomey comme outil dans la campagne de sensibilisation contre le VIH/Sida dans les communes frontalières et dans les Bateys de Barahona où il y a une forte concentration d’immigrants et descendants haïtiens.

 

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