Les Jeudis du SANT PON AYITI

 

Un jour de marché à la frontière entre la République Dominicaine et Haïti, du côté Haïtien

 Depuis toujours des femmes et des hommes ont abandonné leur pays d’origine pour s’installer dans d’autres pays, en quête de meilleures conditions de vie.

En Haïti, l’un des pays les plus pauvres de la planète, la croissante détérioration de l’économie, l’instabilité politique et la violence, l’accès limité de la population aux services de base ont poussé de nombreux Haïtiens et Haïtiennes à émigrer vers d’autres pays, particulièrement vers la République Dominicaine voisine.

Chaque année, des milliers d’Haïtiens embauchés par la Conseil d’État du sucre « Consejo Estatal del Azúcar (CEA) » participent à la coupe de la canne à sucre en République dominicaine. Historiquement, les conditions de vie des braceros et les mauvais traitements qu’ils subissent ont fait l’objet de nombreuses dénonciations.

La préoccupation des instances internationales a transcendé le plan exclusivement lié au travail ; les organisations non gouvernementales des droits humains ont aussi publié des rapports dénonçant la participation des forces policières et militaires dans le recrutement des braceros et l’existence de pratiques abusives par les autorités du Conseil d’État du sucre, durant et après les périodes des récoltes (zafras).

Les racines historiques de cette situation se trouvent dans l’avantage comparatif pour l’industrie sucrière dominicaine que représente la disponibilité d’une vaste source de main-d’œuvre à bon marché par son effet d’accumulation, accompagnée d’une diminution du niveau des salaires. L’industrie sucrière dominicaine a connu une grande expansion après la Seconde guerre mondiale et s’est trouvée une source, à proximité, en embauchant des Haïtiens pour la coupe de la canne à sucre durant les récoltes.

La main-d’œuvre haïtienne était peu chère parce que liée aux conditions économiques et à celles du marché de l’époque et liée aussi aux abus engendrés, faute d’alternatives pour les Haïtiens, même au regard de conditions de vie des plus misérables.

Historiquement, on a dénoncé le fait que les travailleurs traversant la frontière pour récolter la canne en République Dominicaine aient été victimes d’assassinats, de mauvais traitements, d’expulsions massives, d’exploitation, de conditions de vie déplorables et de non reconnaissance de leurs droits en tant que travailleurs.

La problématique migratoire dominicaine n’a pas échappé non plus à la situation politique qui s’est développée entre les deux Républiques affectant les coupeurs de canne et s’étendant à d’autres secteurs agricoles tels que les cultures du café, du riz et du cacao. Qui plus est, bien de ces travailleurs ont fait une incursion sur le marché urbain, soit dans le bâtiment, soit dans les services domestiques. La participation des Haïtiens à ces secteurs de l’économie dominicaine s’accroît de plus en plus ces dernières années.

La présence haïtienne en République Dominicaine nourrit au sein de certains secteurs de la population locale un sentiment anti-haïtien, fortement teinté de racisme, même à l’encontre de migrants ayant acquis la nationalité dominicaine. Le problème fondamental de la population d’origine haïtienne en République Dominicaine est la violation des droits de la personne et l’exclusion institutionnalisée dont elle est l’objet de la part de l’Etat en ce qui concerne le droit aux services publics (éducation, logement, eau potable,...). Cette attitude se traduit par une détérioration permanente de la qualité de vie des migrants.

Les migrants haïtiens en République Dominicaine et particulièrement certaines catégories sociales relativement fragiles qui traversent régulièrement la frontière, comme les petits marchands ou les travailleurs agricoles saisonniers (coupeurs de cannes), constituent un groupe particulièrement vulnérable dont les droits sont systématiquement violés, non seulement en tant que travailleurs, mais également en tant qu’êtres humains. La coupe de la canne à sucre, réalisée à la machette et sous un soleil de plomb, est un travail particulièrement pénible et dangereux. Les accidents sont fréquents. Il n’y a pas de syndicat pour défendre les travailleurs.

Voilà entre autre, ce qui motive SANT PON AYITI, institution travaillant dans le domaine depuis plus de 11 ans, à organiser cette activité mensuelle sur le thème : « La problématique de la relation haïtianodominicainne et la Mouvement migratoire » en vue de sensibiliser la jeunesse et toutes les forces vives de la nation sur ce problème qui tend à avilir le pays.

Ø Objectifs

Les Jeudi du SANT PON AYITI est un espace de réflexion qui a pour but principal de sensibiliser la jeunesse haïtienne et toutes les forces vives de la nation sur la problématique de la relation haitiano-dominicaine.

Ø Méthodologie

Au cours de cette activité, divers spécialistes de marque auront à traiter le thème dans toute son intégralité par le biais des conférences qui auront lieu un jeudi de chaque mois et des activités culturelles seront aussi de la partie en vue de mettre la jeunesse dans une ambiance identitaire.

Ø Résultats des réflexions

Publication des résultats de réflexions sur le site internet de Sant Pon Ayiti

Envoie des Notes de presses

Publier des articles dans le journal de la plateforme GARR pour renforcer les actions des organismes oeuvrant dans le domaine parce que c’est un travail d’ensemble.



Le 2ème Jeudi du SANT PON PDF Imprimer E-mail
Écrit par Emmanuel DELVA   
Dimanche, 15 Juin 2008 17:00

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Le deuxième jeudi du Sant Pon Ayiti en date du 12 juin 2008 a été marqué par une conférence tenue par les Dr, l’Ethnologue Grégoire Dienguélé MASUA, la sociologue Suzy CASTOR et l’historien, économiste et ambassadeur dominicain en Haiti Jose Serulle RAMILLA autour du thème : ‘‘L’approche culturelle de la problématique de la relation haïtianodominicaine’’ au local du Sant Pon Ayiti.

Se référant au phénomène migratoire haïtianodominicain, l’ethnologue MASUA pose la problématique de la cohabitation des cultures des deux peuples. L’ignorance de la culture de l’autre est selon son point de vue responsable de la qualité des relations existant entre les habitants des deux Républiques. Et de ce phénomène qui prend l’allure d’une sorte de suffisance culturelle – conséquence d’un manque d’échange entre émigrants et nationaux- peut résulter certains chocs allant de la xénophobie à des conflits de confrontation, a-t-il soutenu.

La langue et les créations artistiques étant, entre autres des facteurs permettant la découverte de la culture de l’autre, monsieur MASUA plaide en faveur des visites d’écoliers haïtiens en République Dominicaine et vice versa. De plus, croit-il nécessaire que l’enseignement de l’haïtien (créole) aux jeunes Dominicains permettra de réduire le niveau d’ignorance  entre ces deux peuples qui sont condamnés à partager l’île. Enfin il pense qu’une bien meilleure relation est possible entre Haïti et République Dominicaine si l’on parvient à un jumelage culturel, requérrant l’effort des deux nations.

Pour sa part, l’ambassadeur RAMILLA fait une approche historique de la Imageproblématique. Pour parler de la culture d’Haïti et de la  République Dominicaine il faut se référé à la science de l’histoire, a-t-il enchaîné. Il poursuit pour soutenir que longtemps après l’indépendance de la partie ouest de l’île, la population dominicaine était essentiellement noire. Cette réalité était du, à son avis – se référant à l’histoire - au passé esclavagiste qu’ont connu les deux Etats. Etant donné que les colons se tournaient vers l’Afrique pour ce ressourcer en homme travailleur.   D’ailleurs jusqu’au gouvernement de Boyer, les noirs étaient surtout ceux qui occupaient les grandes fonctions administratives  dans la partie est de l’île.(...) 

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